• La cité Monplaisir

    Aujourd'hui, j'ai décidé de mettre de côté des articles sur des "célébrités du Tarn et Garonne", pour essayer de refaire la petite histoire d'un quartier de Montauban: le quartier Monplaisir, que nous découvrons sur cette première carte d'état major (1820-1866)

    J'ai pris mes drones google maps et google earth et mon autre drone à remonter le temps géoportail. Pour Montauban, on peut voyager jusqu'à 1942.

    Pour mes premiers survols, ce sera pour celui du quartier de mon enfance parce que j'arrive encore à m'y repérer.


    C'est Montplaisir (ou Monplaisir suivant les périodes). En 1968, une cité est sortie de terre en pleine campagne. Elle est composée d'une partie "pavillonnaire" et d'une partie centrale avec des petits immeubles de 4 étages au dessus  d'un rez-de-chaussée non habitable et des petites maisons mitoyennes F4, F5 et F6

    Ma famille arrivait à Montauban après 5 ans en Ariège et 3 en Lozère et cherchait une maison.

    "Drone géoportail" en 1968, au milieu des champs surgit cette cité. Le chantier n'est pas fini, ma maison n'existe pas. Mais la famille l'habitera dans l'été 1969.

     

    1- les immeubles 2-un champ sur lequel sera construit le collège et les écoles élémentaire et maternelle 3-la route qui monte à Léojac (côte du Tigné)

    Nous sommes en 1975 et j'élargis légèrement la vue:

    Le collège (2) est sorti de terre, la cité est finie, la route de Léojac et un pré où nous allions l'été  (3) est toujours là et je rajoute un point 4, un petit chemin qui mène à une jolie petite ferme traditionnelle en brique terre cuite et crue avec son pigeonnier.

      Les jeunes ados que nous étions vers les milieu des années 70, ne font plus de vélos sur la "placette" (c'est ainsi que nous nommions l'impasse dans laquelle nous habitions), ne jouent plus à la gamelle ou au ballon prisonnier. Ils jouent au tarot assis sous les porches libérés par les voitures des parents partis travailler et jouent de la guitare.

    Nous devenions trop âgés pour les Centres Aérés, l'hiver il faisait froid... Les parents se sont regroupés et ont cherché une solution de "local pour les jeunes". Rien que sur notre placette, nous étions une bonne douzaine entre 12 et 17 ans... Et ils ont pensé à cet espace vide sous les blocs (les immeubles de la cité). Une partie était des celliers ou des garages à vélo, mais il existait une grande salle vide. Et c'est là que nous avons pu nous installer. Je ne sais pas exactement la procédure suivie par nos parents, mais nous avons eu un grand local que nous avons aménagé avec les moyens du bord. Nous avons eu un Bar fait avec des croutes de pins récupérés dans une scierie, une table de ping pong et peut-être un baby foot. Un bar? mais pour quoi y consommer? 

    Un des parents était représentant Nestlé et nous donnait des cartons de petites bouteilles de jus de fruits (normalement prévues pour les bébés) et nous avions nos consommations: pomme pêche, pomme cassis, pomme franboise...

    Dans ce local, les "jeunes" se sont mélangés, ceux qui habitaient les blocs et ceux des maisons. Nous étions en complète autonomie, les parents savaient où nous étions et nous faisaient confiance. Sur le parking devant la salle, c'était le rassemblement des vélos, solex, mobylettes, les premières motos des plus âgés.

     

      

    La situation a vite évoluée, je ne sais pas si c'était sous l'impulsion de nos parents.

    En 1975, les Francas "sont arrivés": le directeur (enseignant) et 3 ou 4 animateurs sont arrivés avec un projet "mille clubs". Et c'est là que le point 4 intervient.

    Au bout du chemin, la petite ferme... non non, pas dans la ferme...

    C'est nous qui allons construire notre local sur le terrain...

     

    Le contexte national

    En 1966, le ministère de la Jeunesse et des Sports lance un concours pour un prototype d’équipement socio-éducatif afin d’équiper la France de « Mille-Clubs de jeunes ». L’objectif des Mille-Clubs est de produire des modèles de série économiques selon des processus de préfabrication légère. Les exemplaires doivent être identiques quelle que soit la région ou la taille de la commune (urbaine ou rurale) et doivent assurer une diffusion et un accès aux animations socio-culturelles, égalitaires sur tout le territoire. Leur implantation a lieu en deux phases, à partir de 1967 puis de 1972. Chaque phase débute avec un cahier des charges à destination d’une entreprise de construction et d’un ou plusieurs architectes. Deux ou trois équipes sont retenues pour concourir. Le programme précise que le montage doit être aisé et rapide, sans l’intervention de professionnels et sans que les éléments constructifs ne pèsent plus de 60 kg chacun. Les locaux doivent comprendre un foyer avec bar et sanitaires sur 150 m² environ. Les exemplaires, envoyés en kits aux communes sélectionnées, sont montés par les jeunes sous la direction d’un agent technique. Le choix du terrain, sa viabilisation et la réalisation des fondations du club sont à la charge des municipalités.

    Une chape de béton a été coulée pour le support et un camion est arrivé avec des grands tubes.

      

    Et nous voilà partis pour un été de construction

    des maillets, et tout le monde se met au travail avec l'aide des animateurs. 

    On avait du mal à comprendre comment cette structure au sol allait devenir notre local avec une grande salle, un petit labo photo , des sanitaires et un bar...

    Je ne trouve plus les photos de la suite des opérations. Mais un jour cette structure a été soulevée avec des palans et nous avons  posé les autres éléments de la structure.

    Et voilà le construction achevée (trouvée sur Internet)

         
      

    Après un été de travail, une petite soirée d'inauguration avec nos parents.

    Les musiciens avec leurs "groupes" ont proposé un petit spectacle.

    J'ai fréquenté cette salle (principalement le labo photo) un ou deux ans. Les années lycée sont arrivées et dès mes 16 ans, j'ai été recrutée par les francas comme animatrice du centre de loisirs, dans la vieille ferme tous les mercredis et samedis...

    Je n'ai pas suivi comment et par qui a été utilisé ce mille clubs par la suite.

    en 1987, il était toujours là

       

    mais en 2000 il avait disparu

    Aujourd'hui, la cité est toujours là, mais la route de Léojac est fermée par une rocade. 

    Il n'y a plus d'espaces verts au milieu des blocs, mais des parkings.

    Je n'y vois plus d'enfants jouer ou faire du vélo à l'extérieur.

    Et moi, je suis depuis longtemps partie vivre à la campagne...

     

     

    Martine

     

     

    Yahoo!

  • Commentaires

    1
    Sylvie
    Mercredi 14 Juillet à 10:15

    Bonjour,

    Quel bonheur de revoir la cité de mon enfance mais quelle tristesse de la voir ainsi aujourd'hui.... Nous sommes arrivés en 1969 et avons vécu dans l'immeuble en face du parking, au 3ème étage. Dans la semaine, il y avait un camion épicerie qui s'arrêtait à proximité des résidences pavillonnaires. Nous sommes hélas partis de Montauban trop tôt (en 1972) à cause de ma santé (asthme) mais nous avons vécu de très bons moments pour le peu que je m'en souvienne... J'avais une copine qui s'appelait Sonia Shu, que je n'ai jamais revu ; ses parents et elle ont également déménagé en même temps que nous. Un grand merci pour ces images que je cherchais depuis longtemps. 

    Sylvie

      • Jeudi 15 Juillet à 23:12

        Je me souviens bien de ce camion (ou plutôt bus) UNA (je crois).

        On y achetait des souris de réglisse pour 2 c. Il y avait deux boulangers qui faisaient leur tournée, un vers 8h et l'autre vers 10h. La laitière aussi. On avait deux bouteilles: une de 1l et l'autre d'1/2 l. Il suffisait de les poser devant la porte et on les retrouvait pleines. Ma maman gardait la crème du lait et elle faisait un très bon gateau avec (une fois par semaine).

        Je suis arrivée aussi dans la cité en 1969 et ma maman y vivait encore il y a deux ans.

          

      • Sylvie
        Vendredi 16 Juillet à 19:13

        Ma maman aussi gardait la crème de lait pour faire des biscuits mais nous allions acheter le lait dans une ferme, à proximité de la cité il me semble. A l'époque, je n'avais pas le droit de manger des bonbons. Quel merveilleux moments nous avons passés dans cette cité ; j'ai appris à faire du vélo autour des carrés de verdure (apparemment il y a des parkings maintenant....)

    2
    Marzio
    Mardi 7 Septembre à 11:52

    Cité montplaisir, pas que du plaisir.

    je suis arrivé dans cette cité avec mes parents fin 1967 et j' avais 5 ans à ce moment là.  j' ai vécu toute ma jeunesse jusqu' à 1981 à mes 19 ans avant de partir bosser dans la région toulousaine. Fin des années 60, à cette époque on construisait à tout va ces cités tout béton sans se soucier de la vie sociale. A mon arrivée, la cité était en achévement de construction et nous prenions plaisir à faire les pires bétises dans les derniers chantiers de la cité. une bande s' était constitué de ma génération pendant que la génération des 20 ans déboulaient en bande de motards et se retrouvaient au QG du bloc E au début des années 70. Une horde sauvage car à cette époque, la vitesse était signe de virilité et certains prenaient des risques inouies et il a fallu des drames pour calmer le jeu. Nous prenions le relais fin des années 70 avec nos bécanes 50 CC et 125CC mais avec moins de folies mais nous prenions des risques quand même et le voisinage se plaignait des nuisances d' autant plus que nous trafiquions les moteurs et les échappements. Ma période de mes 14 ans jusqu' à 19 ans fut les meilleures en étant dans le club des motards avec ceux des grosses cylindrées. Je reviens à mes débuts de 5 ans à 10 ans où à défaut d' avoir été structuré dans un bon environnement social et familial, j' étais avec une bande de sauvageons où nous jouions à des jeux sauvages de la construction de cabanes dans les terrains vagues à la fabrication d' arcs, de lances, de flêches, de frondes à jouer aux guerriers en passant par le ruisseau du tescou. ce fut une période mémorable avec un coté espiégle et pourtant je me suis replié à mes 10 ans jusqu' à mes 14 ans en étant casanier. A part cette fameuse placette au milieu de la cité entourée d' immeubles où nous pouvions jouer tout juste aux boules, certains jouaient au ballon dans une surface réduite où au début il ne fallait surtout pas piétiner la pelouse autour car le concierge pouvait nous lacher ses chiens. Pas de maisons de quartiers ni centre de loisirs, ni infrastructure sportives dans les environs au début des années 70  et il n' y avait pas encore le culte du sport à cet époque. Ce qui explique nos jeux sauvages. Je m' aperçois que de nos jours cette placette en terre battus à été remplacé par un rajout de places de parking. j' espére que la vie de la cité y est plus calme tout en étant vivante. j' ai appris que des voitures avaient été incendiés recemment. les problémes des cités de banlieue subsistent avec un certain mimétisme.

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