Pierre THÉAS-LABAN est né le 14 septembre 1894 à Barzun dans les Pyrénées –Atlantiques. Son père Dominique THÉAS-LABAN cultivateur avait 42 ans à sa naissance et sa mère Marie PAILLASSE 35 ans.
Il sera connu plus tard sous le nom de Pierre-Marie THÉAS.
Il a accomplit ses études au collège Saint-Joseph de Nay puis au grand séminaire de Bayonne.
Son état signalétique militaire nous apprend une partie de sa vie : le conseil de révision de Pontacq l’a inscrit sous le n°62 de la liste du canton. Il a eu cinq frères qui ont passé leur conseil de révision dans le même canton de Pontacq. L’un d’eux est décédé en 1918 à 22 ans
Citations :
Cité à l’ordre de la Brigade n°24 du 4 juin 1916 et cité à l’ordre du corps d’armée n°230 du 13 janvier 1917.
Obtention de la Crois de guerre avec étoile de bronze et étoile de vermeil.
Localités successives habitées :
Le 13-12-1920 : à Rome, 42 via S. Chiaro.
Le 25-01-1923 : à Pau, rue de Gontaud-Biron.
Le 21-01-1924 : à Bayonne, au quartier St Léon.
Sa carrière pastorale :
Ordination le 26 septembre 1920.
Il se rend alors à Rome poursuivre ses études durant 3 ans au séminaire français où il obtient un doctorat en droit canonique.
En 1922 il est nommé vicaire à Saint-Martin de Pau, puis en octobre 1923 il prend la direction du grand séminaire de Bayonne où il enseigne la théologie morale.
Suite au décès de Mgr Durand il accède à l’épiscopat dans le diocèse de Montauban le 26 juillet 1940
Consécration épiscopale le 3 octobre 1940 à Bayonne.
Il arrive à Montauban le 17 octobre 1940.
Monseigneur THÉAS fut pendant la deuxième guerre mondiale l’honneur de l’Église de France.
Suite à la rafle du Vel d’Hiv à Paris en juillet 1942, il fit notamment lire à la messe du 30 août 1942 une lettre portée dans toutes les églises de la paroisse par sa fidèle secrétaire Marie-Rose Gineste (militante à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne) sur sa légendaire bicyclette, aujourd’hui déposée au Yad Vashem à Jérusalem. Le message délivré et présenté comme « une protestation indignée de la conscience contre le traitement infligé aux Juifs », est sans ambiguïté :
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« Mes biens chers Frères, Des scènes douloureuses et parfois horribles se déroulent en France, sans que la France en soit responsable. |
Ce texte, ainsi qu’une intervention du cardinal Gerlier, fut repris intégralement sur Radio Londres le 15 septembre 1942. A noter que seuls cinq évêques français sur plus d’une centaine ont protesté publiquement contre les rafles et les mesures antisémites du gouvernement de Vichy.
Mgr THÉAS déclarera encore en juin 1943 dans sa cathédrale que le STO est une « atteinte au droit naturel ».
Son action et ses prises de position contre le régime et contre l’occupant le placent dans la ligne de mire des autorités. Le 6 mai 1944 il adresse au commandant de la Kommandantur une lettre dans laquelle il condamne les exactions commises par les troupes SS de la Das Reich le 2 mai 1944 à Montpezat-de-Quercy. Il est vraisemblable que ses prises de position « contre la barbarie nazie » conduisent à son arrestation en juin 1944.
Interné à Toulouse et au Frontstalag 122 près de Compiègne en 1944, il eut un rôle national à la libération, faisant le lien entre le général de Gaulle et le pape Pie XII. Il sera libéré le 25 août et effectue un retour triomphal dans son diocèse de Montauban le 9 septembre 1944.
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Il fut un pionnier de la construction du dialogue social et de l’œcuménisme.
En 1945 il fut, avec Mme Marthe Dortel-Claudot , à l’origine de la création de Pax Christi en France, souhaitant promouvoir la réconciliation au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale.
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Plaque située rue de la Comédie à Montauban |
Son engagement actif dans le secours des Juifs de sa région lui vaut d'être déclaré Juste parmi les nations en 1969. Il est épaulé dans ses activités par sa collaboratrice, Marie-Rose Gineste, qui joue un rôle décisif en liaison avec la résistance toulousaine. Cette dernière sera elle aussi reconnue Juste parmi les nations en 1985.
Du 17 février 1947 au 12 février 1970 il est évêque du diocèse de Tarbes et Lourdes.
Il est l’origine de la construction de la basilique souterraine Saint-Pie X qui sera inaugurée en 1958 par le cardinal Roncalli futur pape Jean XXIII.
Il démissionne de ses fonctions en 1970 et se retire dans le sanctuaire de Notre-Dame de Bétharram.
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Mgr THÉAS décède à Pau le 3 avril 1977 et est inhumé dans la cathédrale de Tarbes.
Une place porte son nom à Montauban ‘’Place Mgr Théas’’. Depuis la rentrée 2008-2009 un lycée privé de la ville de Montauban porte désormais son nom. Le 7 octobre 2017 une plaque commémorative a été posée sur sa maison natale à Barzun 40 ans après son décès en présence de membres de sa famille. |
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Pourquoi je me suis intéressé à cet évêque en particulier ?
Je me suis souvenu de ce que ma mère m’avait raconté il y a plusieurs années.
Je ne sais pas à quelle occasion ma mère a croisé avec moi le chemin de Mgr Théas à Fonneuve ou à Montauban durant l’été 1946. Il lui aurait dit en demandant mon prénom la main sur mon front :
« tu t’appelles Pierre comme moi, tu seras évêque » !
J’avais initialement situé cette rencontre dans les années 40. Mes parents étaient à Paris en 45 et Mgr Théas a quitté Montauban en février 47, d’où l’été 46 pour la seule possibilité de rencontre à un moment où l’Evêque s’est trouvé je pense à Fonneuve (pour le 15 août ?) …
Clovis